Traitement des eaux de fracturation – Débattre ici, avec des données d’ici
Décembre 2010 - la Ville de Trois-Rivières annonce, dans la controverse, qu’elle débute le traitement de 16 000 mètres cubes d’eaux usées de fracturation en provenance de trois sites opérés par Talisman. S’amorce alors un débat sur la capacité de traitement des eaux de fracturation par certains ouvrages municipaux d’assainissement des eaux. Novembre 2011 - soit près d’un an après, le même débat refait les manchettes au Québec lorsque la Ville de Huntingdon annonce qu’elle amorce le traitement des eaux de fracturation d’une autre compagnie gazière. Le 24 janvier 2012, la Coalition Eau Secours émettait un communiqué de presse décriant cette pratique.
Comment expliquer qu’un tel débat ait resurgit, avec les mêmes arguments, alors que le suivi rigoureux réalisé par la Ville de Trois-Rivières, sous la supervision du MDDEP et du MAMROT, a démontré que les eaux usées de Talisman avaient été traitées avec succès, sans aucune difficulté ni impact négatif sur son système de traitement et sur la qualité de son effluent? Selon moi, avant de sceller la finalité des eaux usées issues de la fracturation hydraulique, il est impératif de débattre de la question en s’appuyant sur des données reflétant la réalité québécoise.
Les intrants utilisés pour la fracturation varient selon la géologie en présence et selon les avancées technologiques qui permettent aujourd’hui d’utiliser des additifs plus acceptables sur le plan environnemental. Ces intrants sont notamment de l’eau (96%), de la silice (3,5%) et des additifs (moins de 0,5%) tels que la gomme de guar utilisée dans l’industrie alimentaire et les surfactants utilisés dans d’autres secteurs industriels. Les fiches signalétiques de tous ces intrants sont d’ailleurs soumises au MDDEP et aux ouvrages municipaux d’assainissement des eaux. Depuis janvier 2011, Talisman rend également disponible sur son site Internet la liste complète des intrants qu’elle utilise au Québec (voir discussion).
Mais qu’en est-il des contaminants dans les eaux remontant à la surface après qu’un puits ait été fracturé? Les analyses exhaustives des eaux de reflux du shale de l’Utica nous fournissent aujourd’hui des données qui démontrent que les contaminants qui s’y retrouvent sont d’un autre ordre que ceux retrouvés dans d’autres shales en Amérique du nord. D’ailleurs, des tests de toxicité aigue (standardisés par le MDDEP), réalisés avec des truites immergées pendant plus de dix jours dans nos eaux non traitées provenant des sites de Fortierville et de Sainte-Gertrude, ont prouvé qu’elles n’étaient pas toxiques pour ces poissons pourtant réputés intolérants à la pollution. Un article paru en 2011 dans le journal Le Soleil en faisait d’ailleurs allusion.
Bien sûr, les contaminants spécifiques à notre industrie y sont présents, comme les solides dissous totaux et les chlorures (sels), mais leurs teneurs sont loin d’être aussi importantes qu’ailleurs. L’an dernier, une évaluation indépendante réalisé par Dillon Groupe Conseil a également conclu que les niveaux de matières radioactives naturelles retrouvés ici sont nettement inférieurs à ceux d’autres shales et ne posent aucun risque pour la santé et la sécurité du public. Toujours selon Dillon Groupe Conseil, cette conclusion serait aussi valable pour le benzène, toluène, éthylbenzène et xylène (BTEX). L’article du journal Le Soleil mentionné précédemment abonde dans le même sens.
Il en est de même pour les métaux. Contrairement à la croyance populaire, les eaux usées de fracturation issues de l’Utica québécois ne sont pas chargées en métaux et ces résultats sont valables même lorsqu’elles ont été réutilisées. Le rapport du BAPE sur le développement durable de l’industrie des gaz de schistes est d’ailleurs très clair à ce sujet (source).
Les autres régions où l’exploration des shales est plus avancée qu’au Québec peuvent certes nous fournir des enseignements précieux sur les différents modes de gestion des eaux de fracturation, mais les données d’ici, reflétant notre réalité, sont celles qui devraient être utilisées pour débattre de la question de la capacité de traitement des eaux de fracturation par certains ouvrages municipaux d’assainissement des eaux.
En terminant, j’aimerais souligner le fait qu’il n’y a plus d’eau de fracturation en sol québécois actuellement. J’aimerais également préciser que nous priorisons toujours la réutilisation des eaux de fracturation usées lorsque c’est possible.
Salutations,
Vincent Perron, Biologiste et M.Sc. Env.
Commentaires (17)
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Une mise en perspective des quantités d’eau utilisées:
http://www.forumschiste.com/discussion/quantites-eau-utilisees-perspectives-ibm-global-innovation-outlook-2008
Des exemples concrèts d’amélioration des meilleures pratiques:
http://www.forumschiste.com/discussion/gestion-de-leau-autre-amelioration-des-meilleures-pratiques
http://www.forumschiste.com/discussion/water-management
http://www.forumschiste.com/discussion/ameliorations-des-meilleures-pratiques-eco-drilling-program-greener-results
Richard Paiement
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D’autres exemples de ti-jos connaissants ....
- sur l’opposition aux barrages hydro-électriques privés (3 février 2012):
un autre retraité qui dit que nos fonctionnaires sont dans le champs:
Et Charles Côté, le "spécialiste en environnement" de LaPresse (il a une formation en droit!!!), le même qui publie plein de gros titres épeurants sur les gaz de schiste, donne cette fois-ci parole à Fondation Rivières (quel beau nom):
L’énergie produite par ces petites centrales coûtera plus de 12 cents le kilowattheure à la société d’État une fois livrée à ses clients, alors que le prix de vente est de 7,5 cents, selon l’ingénieur Réal Reid, retraité de l’Institut de recherche sur l’électricité du Québec, laboratoire appartenant à Hydro-Québec.
«Si Hydro-Québec, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune ou le ministère des Finances ont d’autres prévisions, qu’ils les rendent publiques avec tous les calculs pertinents», affirme M. Reid dans un communiqué de la Fondation Rivières.
Ça ressembles-tu à nos activistes (menteur en scène, paysagistes, "savants", etc ...) qui s’opposent aux gaz de schiste???
http://www.cyberpresse.ca/environnement/economie/201202/03/01-4492179-les-petites-centrales-couteront-33-millions-par-annee.php
- Voici maintenant ceux derrière le moratoire sur les compteurs intelligents d"Hydro-Québec:
http://www.youtube.com/watch?v=KAuezlgSe4A
http://www.youtube.com/watch?v=uc993atB2BY&feature=related
!!!!!
Richard Paiement
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Modération de Forumschiste.com
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Je vois que la discussion sur la capacité des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux (OMAE) à traiter les eaux usées de fracturation est bien amorcée sur Forumschiste!
J’aimerais rappeler que les données présentées dans le document DB11.1 (source), concernant les eaux usées issues des travaux de forage ou de fracturation de 14 puits de gaz de shale, sont des données sur la composition chimique des eaux de reflux; c’est-à-dire des eaux usées qui sortent du puits. Les données sont probantes : les eaux usées de l’industrie des gaz de shale au Québec ne sont pas chargées en métaux et leurs teneurs en chlorures sont nettement moins élevées que ce qui est observé dans d’autres régions en Amérique du nord où les gaz de shale sont exploités (i.e. Pennsylvanie).
Il est important de noter que le document DB11.1, déposé par le MDDEP dans le cadre de l’audience menée par le BAPE sur le développement durable de l’industrie des gaz de schistes au Québec, ne présente pas les résultats pour chacun des 200 paramètres analysés dans nos eaux transportées à l’OMAE de Trois-Rivières à l’hiver 2011 pour y être traitées. Avant que Talisman ne soit autorisée à y transporter ses eaux, plus de 200 paramètres physico-chimiques avaient été analysés, dont notamment les BPC, les dioxines et furanes, les phénols, les hydrocarbures pétroliers (BTEX) et une multitude d’autres paramètres inorganiques comme les cyanures, les solides totaux dissous, la demande biologique en oxygène, etc. C’est sur la base des résultats pour ces 200 paramètres que se sont appuyés les experts du MDDEP, du MAMROT et de l’OMAE de Trois-Rivières, pour valider la quantité de camions citernes pouvant être acheminés de manière sécuritaire à la station de Trois-Rivières. Le suivi rigoureux de la performance de traitement et de la qualité de l’effluent de la station d’épuration des eaux de Trois-Rivières a d’ailleurs démontré que la procédure de disposition utilisée par Talisman en 2011 était adéquate et permettait le traitement sécuritaire de ses eaux usées.
En ce qui concerne les additifs du fluide de fracturation, il faudrait nuancer les propos erronés de Monsieur Myrddin. Ce ne sont pas 146,7 mètres cubes d’additifs chimiques qui ont été utilisés par Talisman pour fracturer les trois puits horizontaux de Talisman, mais 85 mètres cubes au total.
J’ai également trouvé intéressant que Monsieur Leclerc soulève le point de la réaction chimique de certains additifs chimiques lors de la fracturation d’un puits. Si nous prenons l’exemple du principal produit chimique injecté dans le puits, soit la solution d’acide chlorhydrique 15 % (concentration d’environ 0,07% dans le fluide de fracturation), dont la principale fonction est de dissoudre les résidus de ciment dans le puits et la formation géologique à fracturer, il est vrai que cet acide sera neutralisé lors de son contact avec le ciment et les carbonates du shale à fracturer. D’ailleurs, le fait que le pH des eaux de reflux (ce qui sort du puits) soit d’environ 8 (donc pas acide) démontre bien que l’acide réagit avec les carbonates. Je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’en plus de rendre publique la liste de tous les additifs utilisés pour préparer le fluide de fracturation et de fournir toutes les fiches signalétiques de ces additifs aux spécialistes du MDDEP et des OMAE pour savoir ce qui entre dans le puits, qu’il faut, bien évidemment, que les eaux usées de fracturation (ce qui sort du puits comme le mentionne Monsieur Leclerc) soient analysées de manière exhaustive à l’aide de plus de 200 paramètres physico-chimiques. Seules des analyses exhaustives fournissent des données concrètes et pertinentes pour évaluer la traitabilité d’une eau usée industrielle par un OMAE.
Salutations,
Vincent Perron, Biologiste & M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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Bonjour Monsieur Perron, je remarque pour la première fois votre titre de Biologiste & M.Sc; trop souvent le rôle de porte-parole est laissé à des gens sans réel compétence technique.
Vous mentionnez les truites ayant survécues dix jours dans les eaux non-traitées de l’un de vos puits. Je tiens à souligner, pour ceux qui n’ont pas lu l’article http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201102/18/01-4371920-gaz-de-schiste-des-eaux-de-fracturation-ou-survivent-les-truites.php :
1-Que le test a été fait sur un seul des 22 livraisons d’eau non-traitée.
2-Que les daphnies, contrairement aux truites, n’ont pas survécus. (raison inconnue)
3-Ces eaux étaient déjà plusieurs fois dilués (combien de fois?).
C’est vous même le mois dernier qui nous appreniez que selon vous, environ 10% des eaux transportées étaient des eaux de fracturation, tandis que 90% était constitué d’eau de pluie emmagasinée dans les bassins en raison des précipitations. Combien était-ce de fois à Trois-Rivières?
http://www.lecourriersud.com/Actualites/2012-01-12/article-2860919/Gaz-de-schiste%3A-99-voyages-de-camions-citernes-pour-vider-deux-bassins-de-retention/1
En terminant votre post, vous annonciez fièrement qu’il n’y avait plus d’eau de fracturation au Québec. Cet empressement des gaziers est particulièrement surprenant... Vous énoncez une raison économique liée à l’hiver? Ça n’avait pas été un problème les années précédentes pourtant.
Je crains que la raison de cet empressement généralisé se trouve ailleurs. L’ÉES devait dans leur étude analyser les eaux de tous les bassins d’eau de fracturation au Québec. Vous leur avez joué un beau tour en les vidant avant le dégel.
Belle démonstration de collaboration des gazières!
François Leclerc ing.jr.
(ou probablement un "poilu activiste illettré" selon le participant Paiement)
Francois Leclerc
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Bonjour Monsieur Leclerc,
Je vois que le dossier du traitement des eaux usées de l’industrie des gaz de shale vous intéresse. Laissez-moi donc clarifier quelques faits. Tout d’abord, vous avez raison : l’article du journal Le Soleil révèle seulement le résultat des analyses (incluant la toxicité) réalisées sur les 22 premiers arrivages d’eaux usées à la station d’épuration de Trois-Rivières. Il faut bien comprendre que de notre côté, nous avons également fait faire des tests de toxicité impliquant les truites arc-en-ciel sur des échantillons composés d’eaux usées de fracturation provenant de tous nos bassins de rétention. Les résultats de ces tests ont d’ailleurs été intégrés à nos demandes de certificat d’autorisation (CA) pour la disposition de nos eaux usées à Trois-Rivières. L’exploitant de la station d’épuration de Trois-Rivières a également reçu ces résultats. Fait important : nos résultats concordent avec ceux de la Ville. En ce qui concerne les daphnies, nos échantillons concentrés avaient effectivement un effet létal sur les daphnies. Les teneurs en chlorures et en sodium de nos eaux pourraient expliquer ce phénomène. Par contre, lorsque dilué, les daphnies survivent dans nos eaux. L’établissement du volume maximal journalier d’eaux usées de fracturation pouvant être acheminé de manière sécuritaire à la station d’épuration de Trois-Rivières a d’ailleurs été déterminé, en partie, à partir des résultats des tests de toxicité effectués sur les daphnies.
Vous mentionnez dans votre commentaire que nos eaux usées acheminées à Trois-Rivières étaient diluées. Je peux vous certifier que les eaux de Talisman qui ont été acheminées à la station d’épuration de Trois-Rivières au cours de l’hiver 2011 n’étaient pas diluées (sauf par un peu d’eau de pluie / neige).
Ceci étant dit, il importe de préciser le point suivant : le MDDEP nous a autorisé de conserver un petit volume d’eaux usées de fracturation dans nos bassins de Gentilly, Fortierville et Sainte-Gertrude, afin de maintenir l’intégrité de nos bassins durant l’hiver (même principe que pour une piscine hors terre). À la suite de la disposition des eaux usées de ces trois sites à la station d’épuration de Trois-Rivières (à l’hiver 2011), nous avons donc conservé un peu d’eau dans le fond des bassins (quelques pouces seulement). Les eaux qui ont été par la suite transportées en Ontario étaient constituées des quelques pouces d’eaux usées conservées dans les bassins, lesquelles étaient fortement diluées par les précipitations de neige de l’hiver 2011, les fortes pluies du printemps 2011 et les précipitations de pluie et de neige de l’automne de la même année (dilution d’environ 90 %). Dans ce cas bien précis, les eaux usées de fracturation étaient effectivement fortement diluées en raison des conditions météo (et nous nous en sommes jamais cachés). Nous avons décidé d’acheminer ces eaux en Ontario, puisque aucun travaux de fracturation hydraulique n’était prévu en 2012 (économie d’argent et d’énergie).
J’aimerais préciser, en terminant, que les données sur les eaux usées de fracturation non diluées, c’est-à-dire celles ayant été acheminées à Trois-Rivières au début de l’année 2011 et faisant partie intégrante de nos demandes de CA pour la disposition de nos eaux usées, ont toutes été acheminées au comité en charge de l’ÉES. Ces données reflètent bien la réalité, contrairement à celles des eaux usées diluées par des précipitations de pluie et de neige qui ont été acheminées en Ontario en décembre 2011 et au début du mois de janvier 2012.
Salutations,
Vincent Perron, Biologiste & M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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Merci d’avoir éclaircie la différence de concentration due aux pluies des eaux traitées à Trois-Rivières et en Ontario. Merci Monsieur Perron de participer à ce forum; l’objectif étant selon moi d’avoir à nos questions des réponses directes des industries. Questerre participait déjà. J’aimerai bien voir Junex être aussi ici, surtout du fait qu’ils sont québécois. Svp glissez-en un mot à M. Lavois.
J’espère avoir l’occasion un jour de discuter en personne avec vous; qui sait, peut-être visiter l’un de vos puits en votre compagnie (avec EPI bien sûre).
Francois Leclerc
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Bonjour Monsieur Leclerc,
Je suis content d’avoir discuté avec vous du traitement des eaux usées de fracturation. Dans le cadre de mes fonctions chez Talisman, il m’arrive souvent de rencontrer des gens intéressés par le dossier des gaz de shale. Auparavant, il m’arrivait fréquemment de tenir des séances d’information grand public dans les municipalités touchées par nos projets. Depuis que les mouvements de mobilisation contre le gaz de shale se sont accaparés du dossier, il m’est malheureusement impossible de tenir de telles séances. Elles n’ont plus de sens lorsque les groupes farouchement opposés au gaz de shale viennent perturber leur déroulement.
J’aimerais souligner le fait que la séance d’information que nous avons réalisée avant le forage de notre puits de Sainte-Gertrude nous a valu un «standing ovation» en raison de la qualité de l’information que nous avons présentée aux gens présents (une centaine de personnes). Nous avons fait plus que présenter notre projet, nous avons écouté les préoccupations des gens et surtout, nous avons répondu à toutes leurs questions au meilleur de nos connaissances. Bien sûr, le succès de cette démarche repose, selon moi, sur le fait qu’avant la tenue de cette séance, nous avons rencontré plusieurs intervenants locaux (élus, propriétaires, etc.) afin de mieux comprendre les enjeux et les préoccupations des citoyens.
Tout ce long préambule pour vous dire qu’il me fera plaisir de vous rencontrer afin d’échanger en personne sur le dossier du gaz de shale. D’ici là, la plateforme d’échange Forumschiste est un endroit de prédilection pour le faire!
À bientôt!
Vincent Perron, Biologiste & M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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Modération de Forumschiste.com
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Bonjour Monsieur Myrddin,
Effectivement, les pourcentages totaux des ingrédients composant les fluides de fracturation présentés sont tous légèrement inférieurs à 100% (99,58% pour Gentilly et Saint-Édouard et 99,62% pour Leclercville).
Ces faibles écarts sexpliquent simplement par le fait que certains des additifs listés peuvent renfermer des ingrédients, comme par exemple de leau, en très faibles quantités. Ces ingrédients ne sont pas comptabilisés dans le volume total du fluide. Mais attention, les ingrédients non comptabilisés ne présentent aucun effet aigu potentiel sur la santé (yeux, peau, inhalation et ingestion), ni d’effet chronique potentiel sur la santé (effet cancérigène, effet mutagène, toxicité reproductive, etc.). Il sagit donc bien souvent deau. Ce ne sont pas des ingrédients secrets. Tous les ingrédients sont présentés dans les fiches.
Pour illustrer clairement mon propos, prenant lexemple dun additif comme le méthanol. Cet additif peut contenir une infime quantité deau (ingrédient composant moins de 2% de ladditif) qui ne sera pas comptabilisée dans le volume total du fluide, ce qui explique le faible écart.
À bientôt!
Vincent Perron, Biologiste & M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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J’ai suivi une formation en assainissement de l’eau déjà (brute, usée, industrielle). Mais bon, je ne peut pour le moment approuver car je n’ai pas assez d’information malgré ceux fournies ici (ou ailleurs). J’aprécirais en avoir d’avantage.
Si je regarde la liste des produits de fracturation que j’ai trouvée ici sur le site (lien) il est clair que je vois beaucoup de produits qui sont toxiques pour les organismes vivant (notament des biocides). Ce qui m’inquiète le plus est justement cette toxicité dans le contexte ou on décide d’épurer cette eau dans un milieu biologique (bactéries épuratrices). Si on affaibli la masse bactérienne, on réduit du coup l’efficacité du traitement. De plus, un système biologique n’est pas concu pour dégrader plusieurs des composés de l’eau de frac. De plus, mélanger une eau contenant des composés chimiques inorganiques avec une eau usée chargée en matière organique peut crée des sous-produits par exemple organochlorés (c’est pourquoi il est défendu de désinfecter une eau usée biologique avec des produits chlorés).
Bien sur, ces inquiétudes sont surtout spéculatives mais légitimes. Il y a inévitablement une différence entre l’eau initiale (soupe) et l’eau usée (utilisée). Le mélange initial va provoquer des réactions chimiques et d’autres auront lieu dans le puits avant son "extraction". Je n’ai malheureusement pas trouvé de fiche analytique de l’eau entrant dans les usines. Il serait important d’en avoir une.
Un autre point est le facteur de dillution. Comme les additifs chimiques sont faiblement concentrés, il est probable que nous ne verrons pas de problèmes, du moins à cour terme. Ce qui m’inquiète est le long terme. Généralement, la dillution n’est pas une solution quand on parle de pollution car les accumulations à long terme de composés très stables notamment pourrait avoir des répercutions sur la vie aquatique à certains endroits. Nous avons déjà eu affaire à de tels problèmes dans d’autres contexte de pollution aquatique.
Autre chose, les usines municipales ne font qu’un certain nombre d’annalyses sur l’eau en amont et en aval de l’usine. La majorité des produits que je vois dans la liste (eau de frac) ne font même pas l’objet d’annalyse dans les usine, surtout si c’est une usine biologique car on a affaire à des produits qui ne se retrouve pas dans les réseaux d’eaux usées résidentielles normalement. Il est important de s’assurer de tester pour chaques produits jugés dangereux se trouvant dans l’eau avant le traitement pour s’assurer de respecter les normes à la sortie.
En bref, le traitement n’est pas impossible mais il me semble manquer d’information spécifiques. Y a-t-il un prétraitement autre que la simple rétention/décantation avant l’acheminement en usine de traitement? Si oui de quoi parle-t-on? Y a-t-il un traitement chimique? Ajustement du pH? Neutralisation de certains composés?
Merci de bien vouloir m’éclairer.
J’aimerais tout autant visiter ses installations et discuter avec les gens de l’industrie en personne. De plus, je vise à retourner au travail en traitement des eaux donc si l’industrie prévoit avoir besoin de gens compétents pour remplir des postes relatifs au traitement de l’eau, je regarderai attentivement les possibilités. Non pas que j’approuve pour le moment mais je ne peux l’empêcher alors si je peux faire une différence, je le ferai.
Bien à vous messieux!
J-M
Jay-Mark B
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Gens de Montréal, votre eau pourrait être touchée.
La ville d’Huntingdon accepte de "traiter" PAR DILUTION, les eaux de fracturation dans son usine de traitement des eaux.
Huntingdon est située dans le bassin-versant de la Rivière Châteauguay. La Rivière Châteauguay se déverse dans le Fleuve Saint-Laurent au niveau du Lac Saint-Louis, en face de Lachine.
C’est en AMONT de la prise d’eau de la Ville de Montréal (le Canal de l’Aqueduc), qui est située à Lasalle. (Merci M. Bessette pour l’info!)
J’imagine qu’à doses homéopathiques, les benzisothiazolin-2-one / 1,2-benzisothiazolin-3-one, triméthylbenzène, dioxane, eicosène et autres octadécène, ça doit être bon pour la santé !!!!
Réginald Roy
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Bonjour Jay-Mark,
D’entrée de jeu, j’aimerais préciser que j’ai réalisé des projets de recherche pour le compte du MDDEP qui portaient sur la caractérisation physico-chimique des boues municipales (biosolides). J’ai d’ailleurs publié deux articles dans la revue VECTEUR environnement, ce qui m’a valu, en 2008, la distinction Fernand Séguin de RÉSEAU environnement. J’ai également réalisé un projet d’étude pour le MDDEP portant sur l’impact à moyen terme des épandages répétés de boues municipales sur le contenu en métaux des sols agricoles récepteurs (au Saguenay). Je ne suis donc pas un néophyte en matière d’épuration des eaux usées. Mais loin de moi la prétention d’être un spécialiste. Je tiens à le préciser pour certains participants de cette plateforme.
Ceci étant dit, je trouve que vous soulevez des points intéressants. Tout d’abord, votre questionnement à propos du biocide est très justifié. À ce sujet, veuillez noter que le biocide utilisé par Talisman est un «breaker» composé à 15 % d’hypochlorite de sodium. L’hypochlorite de sodium se retrouve dans le fluide de fracturation dans des concentrations avoisinant les 0,0015%. Afin d’éviter de perturber l’efficacité du traitement de la station d’épuration des eaux usées de Trois-Rivières, nous avons déterminé un volume quotidien maximal pouvant y être acheminé de manière sécuritaire. Ce volume a été établi en fonction des résultats des analyses physico-chimiques et des tests de toxicité réalisés sur nos eaux usées de fracturation, sur le volume d’eau usée transitant quotidiennement à la station d’épuration, ainsi que sur la concentration de certains additifs chimiques utilisés, dont notamment le biocide (breaker) et le surfactant (gellant). Le suivi rigoureux réalisé par la Ville de Trois-Rivières, sous la supervision du MDDEP et du MAMROT, a par ailleurs démontré que nos eaux usées avaient été traitées avec succès, sans aucune difficulté ni impact négatif sur son système de traitement et sur la qualité de son effluent.
Concernant votre propos au sujet du suivi réalisé à l’affluent et à l’effluent des stations d’épuration, j’aimerais préciser qu’à la demande du MAMROT et du MDDEP,Trois-Rivières à mis en place un système de suivi particulier lors du traitement de nos eaux. Ce suivi comportait l’analyse de plusieurs paramètres reliés à notre industrie, dont notamment les surfactants, le baryum, les chlorures, les hydrocarbures C10-C50, le BTEX et les solides dissous totaux. Il comportait également une série de tests de toxicité réalisés aléatoirement sur les arrivages d’eaux usées, ainsi que sur l’affluent et l’effluent de la station.Il est important de préciser ici que la station d’épuration de Trois-Rivières comporte deux lignes parallèles de traitement qui se combinent à son effluent et que nous avons uniquement acheminé nos eaux dans l’une de ces deux lignes (toujours la même). La Ville a donc pu comparer l’efficacité de traitement de la ligne ayant reçu nos eaux avec celle n’ayant pas traité nos eaux (ligne de traitement témoin). Des tests de toxicité ont également été réalisés à la sortie de ces deux lignes. Tel que spécifié précédemment, nos eaux usées n’ont pas engendré d’impact sur l’efficacité de traitement de la station d’épuration de Trois-Rivières, ni sur la qualité de son effluent.
Enfin, nous n’effectuons aucun prétraitement de nos eaux sur nos sites et nous n’ajustons pas le pH de celles-ci.
Nous sommes conscients que l’utilisation des stations d’épuration est une mesure qui est viable à court terme, dans la phase exploration gazière où les volumes annuels d’eaux usées à traiter sont très faibles. Par contre, en phase de développement de la ressource gazière, les volumes annuels d’eaux usées sont beaucoup plus importants. Dans un tel contexte, l’utilisation des stations d’épuration n’est pas l’avenue envisagée par l’industrie pour gérer ces volumes d’eaux usées. L’industrie privilégie plutôt la réutilisation de ses eaux usées. Cette mesure permet une gestion efficace de celles-ci, tout en réduisant les prélèvements nets d’eau douce dans les rivières.
Salutations,
Vincent perron, Biologiste et M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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Bonjour M. Roy,
Pour votre information, je vous suggère de consulter les liens ci-dessous pour connaître la composition réelle des fluides de fracturation utilisés par Talisman au Québec :
http://www.talisman-energy.com/upload/media_element/159/01/fluid_disclosure_st_edouard.pdf
http://www.talisman-energy.com/upload/media_element/153/01/gentilly_quebec_bj_services_quebec.pdf
http://www.talisman-energy.com/upload/media_element/158/01/fluid_disclosure_leclercville.pdf
Salutations,
Vincent Perron, Biologiste et M.Sc. Environnement
Vincent Perron
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M. Perron,
Excellent travail d’éducation et de dé-mystifications. Et félicitations aussi à ceux qui ont été capables de laisser tomber leurs barrières et scepticisme (Jay-Mark et M. Leclerc). L’idée n’est pas de savoir qui a raison ou tort, ni de tout croire aveuglément, mais plutôt d’arrêter de véhiculer plein de faussetés de la part de certains activistes et d’arrêter de prendre l’industrie comme une irresponsable. Le dialogue permet de faire avancer les choses. Pas la confrontation. Mais bien sûr, on connaît l’avantage de certains à éviter le dialogue, question de faire mousser leur visibilité aux niveaux médias.
Pour le reste, un débat sain est toujours le bienvenue. Même les interrogations les plus légitimes. Et rien n’est parfait sur cette terre. L’industrie, comme n’importe quelle autre industrie, améliore constamment ses pratiques et continuera de le faire.
Richard Paiement
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M. Perron,
Excellent travail d’éducation et de dé-mystifications. Et félicitations aussi à ceux qui ont été capables de laisser tomber leurs barrières et scepticisme (Jay-Mark et M. Leclerc). L’idée n’est pas de savoir qui a raison ou tort, ni de tout croire aveuglément, mais plutôt d’arrêter de véhiculer plein de faussetés de la part de certains activistes et d’arrêter de prendre l’industrie comme une irresponsable. Le dialogue permet de faire avancer les choses. Pas la confrontation. Mais bien sûr, on connaît l’avantage de certains à éviter le dialogue, question de faire mousser leur visibilité aux niveaux médias.
Pour le reste, un débat sain est toujours le bienvenue. Même les interrogations les plus légitimes. Et rien n’est parfait sur cette terre. L’industrie, comme n’importe quelle autre industrie, améliore constamment ses pratiques et continuera de le faire.
Richard Paiement
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Excellente mise au point M. Perron. Merci.
On a vu depuis août 2010 tout le sensationnalisme des médias et de plusieurs groupes d’activistes (artistes, comédiens, etc ...), qui en complicité, ont joués sur les cordes sensibles (eau, air, bruit, sol, visuel, etc ...) pour finalement juste nous démontrer leurs incompétences et passer sous silence les progrès de l’industrie (recyclage des eaux usées, , divulgation des ingrédients utilisés, sites multi-pads pour réduire son empreinte environnementale, etc ...), l’amélioration des meilleures pratiques (réduction du camionnage via l’utilisation de pipelines, rigs au gaz naturel ou à l’électricité au lieu d’au diésel), etc ....
Au Québec, des moratoires ont été demandés sur tous les projets récents, peu importe leurs causes:
- compteurs d’Hydro-Québec
- construction du barrage de la Romaine
- la mise en place d’éoliennes (à 2 reprises, malgré des études du BAPE)
- les gaz de schiste
- l’exploitation de Old Harry
- un tracé d’une ligne électrique (passé Lac Mégantic) vers le Maine et le New Hampshire
- la récente solution d’un gazéoduc déjà existant (pipeline de Sarnia pour le pétrole de l’Ouest vers les USA)
- l’exploration d’une mine (Ste-Camille)
- le pétrole sur l’Ile d’Anticosti
- le gaz naturel (puits conventionel) aux Iles-de-la-Madeleine (malgré l’usage d’une centrale au mazout lourd)
- barrage à Val-Jalbert
- la réfection de Gentilly 2
Même Eau Secours a sa journée "contre les barrages"
Journée internationale contre les barrages : L’opposition aux centrales privées prend de l’ampleur
Entretemps, tous les chiffres des projets de bio-méthanisation qui seront en place pour 2015 ne pointent que sur moins de 3% de l’offre totale de gaz naturel (par rapport aux besoins totaux du Québec). Un survol des différents projets en cours est disponible ici.
De plus, si le gouvernement décide de ne pas rénover Gentilly 2, c’est 3% de la production québécoise qu’il faut remplacer. Québec a fait sa part avec l’éolien malgré ses coûts monis compétitifs et a investit 650M$ dans des projets de bio-méthanisation. Des régions telles Gatineau ne peuvent toutefois justifier des projets de bio-méthanisation, faute de justifications économiques reconnues par les élus municipaux même.
On comprend maintenant qu’avec les réseaux sociaux, certains citoyens s’impliquent pour le "Pas dans ma cour". Les médias embarque 200 mph. Et les groupes environnementaux, en beurre souvent épais en ne justifiant aucun aspect financier car leurs projets dépendent toujours du gouvernement. Bizarre que ces groupes environnementaux ne soient pas capables de générer aucun projet vert pour en ré-investir les bénéfices pour d’autres projets verts et ainsi faire boule-de-neige et devenir de vrais acteurs du changement au lieu d’exiger des moratoires et de ne faire que des études!
Richard Paiement